« Quelle est cette plante ? » — une phrase simple, et pourtant des centaines de personnes cherchent chaque jour si le quelle prend un e, deux l, ou si c’est en réalité qu’elle. La réponse tient en une règle de grammaire française : l’accord en genre et en nombre du pronom ou de l’adjectif interrogatif. Mais encore faut-il savoir distinguer les cas.
Le français regorge de ces pièges orthographiques que l’on croit maîtriser jusqu’au moment fatidique. Décortiquons ensemble les quatre formes — quel, quels, quelle, quelles — et leur double, qu’elle et qu’elles, pour ne plus hésiter.
Quel, quels, quelle, quelles : l’accord avant tout
Un adjectif ou un pronom interrogatif qui change de forme
Quel est à la fois un adjectif interrogatif et un pronom interrogatif en français. Comme tout adjectif, il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. Quatre formes existent :
- quel — masculin singulier (Quel livre as-tu lu ?)
- quels — masculin pluriel (Quels livres recommandes-tu ?)
- quelle — féminin singulier (Quelle plante est-ce ?)
- quelles — féminin pluriel (Quelles décisions ont-ils prises ?)
À l’oral, ces quatre mots sont rigoureusement identiques. Seule l’écrit les différencie. La règle d’accord fonctionne exactement comme pour n’importe quel autre adjectif : on identifie le nom associé, on détermine son genre et son nombre, puis on accorde.
✅ À retenir
Repérer le nom que qualifie ou remplace quel suffit dans 90 % des cas. Nom féminin singulier → quelle. Nom masculin pluriel → quels. Rien de plus.
Avec le verbe être, la construction quel est / quelle est revient souvent. « Quelle est cette plante ? » — le nom plante est féminin singulier, donc quelle avec un e final. « Quel est ce fruit ? » — fruit est masculin singulier, donc quel sans e. La logique est constante.
Qu’elle et qu’elles : une tout autre histoire
Qu’elle n’a rien à voir avec l’interrogatif. Il s’agit de la conjonction que (élidée en qu’ devant une voyelle) suivie du pronom personnel sujet elle ou elles. Ces deux mots forment une séquence dans une proposition subordonnée, jamais une question directe.
Exemples concrets :
- Je sais qu’elle viendra demain. (= je sais que elle viendra)
- Il pense qu’elles ont raison. (= il pense que elles ont raison)
- C’est la meilleure décision qu’elle ait prise.
💡 Notre conseil
Pour tester si c’est qu’elle, remplace par qu’il. Si la phrase reste grammaticalement correcte, c’est bien qu’elle (conjonction + pronom). Si ça ne marche pas, c’est l’adjectif quelle.
Ce test du remplacement par qu’il circule sur des sites comme francaisfacile et il est redoutablement efficace. « Je suis content qu’il soit là » → « Je suis content qu’elle soit là » : ça tient. « Quelle belle journée » → « Qu’il belle journée » : absurde. Donc quelle avec accord.
| Forme écrite | Nature grammaticale | Exemple |
|---|---|---|
| quel | Adjectif/pronom interrogatif masculin singulier | Quel nom lui donner ? |
| quels | Adjectif/pronom interrogatif masculin pluriel | Quels auteurs lis-tu ? |
| quelle | Adjectif/pronom interrogatif féminin singulier | Quelle est cette plante ? |
| quelles | Adjectif/pronom interrogatif féminin pluriel | Quelles fleurs préfères-tu ? |
| qu’elle | Conjonction que + pronom personnel féminin singulier | Je crois qu’elle part. |
| qu’elles | Conjonction que + pronom personnel féminin pluriel | Il faut qu’elles viennent. |
⚠️ Les cas qui piègent encore les francophones
Deux situations reviennent régulièrement dans les copies et les échanges professionnels. La première : l’exclamation. « Quelle surprise ! » — ici, quel n’est plus interrogatif mais exclamatif. La règle d’accord reste identique. Surprise est féminin singulier, donc quelle. Rien ne change.
La deuxième situation piège : la relative avec auquel et ses variantes. Quand le pronom relatif auquel, duquel ou lequel entre dans une phrase, il ne faut pas confondre avec les formes de quel. Ce sont deux familles distinctes. Auquel rapporte toujours à un antécédent masculin singulier déjà posé dans la phrase.
⚠️ À garder en tête
En français, l’orthographe de quelle ne change pas selon qu’il est interrogatif ou exclamatif. L’accord en genre et en nombre reste la seule règle à appliquer, quelle que soit la fonction syntaxique.
Troisième piège, plus subtil : la phrase sans verbe apparent. « Quelle belle idée ! » — idée est féminin singulier, quelle s’accorde. Mais « Quels que soient tes efforts… » introduit la conjonction de concession quel que, qui s’écrit en deux mots et s’accorde avec le sujet du verbe être. Ici, efforts est masculin pluriel, d’où quels.
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formes à maîtriser pour ne plus hésiter entre quel, quelle, qu’elle et leurs variantes
Dernier cas digne d’attention : quel qu’il soit vs quelle qu’elle soit. La forme quel que s’accorde avec le sujet réel du verbe qui suit. Si ce sujet est féminin, on écrit quelle que. Si ce sujet est un pronom comme elle, la conjonction que et le pronom restent séparés. Aucun lien avec qu’elle en un mot.
Avec un peu de pratique — et quelques exercices dans de bons livres de grammaire ou sur des plateformes dédiées — ces distinctions deviennent automatiques. L’orthographe française demande de la méthode, pas du talent inné.
Questions fréquentes
Comment savoir si on écrit « quelle » ou « qu’elle » dans une phrase ?
Remplace par qu’il : si la phrase reste logique, c’est qu’elle (conjonction + pronom). Si la phrase ne tient plus, c’est quelle, l’adjectif interrogatif ou exclamatif qui s’accorde avec le nom féminin singulier dont il dépend.
Quelle est la différence entre « quelle » interrogatif et « quelle » exclamatif ?
L’orthographe est identique dans les deux cas. « Quelle est cette plante ? » pose une question, « Quelle surprise ! » exprime une émotion. La règle d’accord en genre et en nombre avec le nom associé s’applique dans les deux emplois sans aucune exception.
Comment s’écrit « quel que soit » et comment l’accorder ?
Quel que s’écrit toujours en deux mots et s’accorde avec le sujet réel du verbe être qui suit. Si ce sujet est féminin pluriel, on écrit quelles que soient. Si le sujet est masculin singulier, on écrit quel que soit. Cette forme ne se confond pas avec quelle adjectif ni avec qu’elle pronom.
« Quels » prend-il toujours un s au masculin pluriel ?
Oui, sans exception. Dès que le nom auquel se rapporte quel est masculin pluriel, on écrit quels avec un s. Exemple : « Quels livres as-tu emportés ? ». La présence de plusieurs noms mixtes (masculin et féminin) impose également le masculin pluriel quels.
Peut-on employer « quelle » comme pronom interrogatif sans nom exprimé ?
Oui. Quelle peut fonctionner comme pronom interrogatif quand le nom est sous-entendu ou repris par le contexte. Par exemple : « J’ai deux options. Quelle est la meilleure ? » — ici quelle remplace laquelle des deux options et s’accorde au féminin singulier.

